Peindre l’âme des choses

Robert Faure se passionne pour la peinture traditionnelle chinoise. D’un geste libre et déterminé, il donne à ses peintures de paysages des atmosphères d’une grande sensibilité.

Texte: Françoise Coffrant
Photos: Qian Fan et Michel Fornassero
Artites Magasine n°168

Une peinture de Robert Faure

Donne-moi la main si le vide t’attire, 80×65 cm, 2011.

Né à Nice en 1940, Robert  Faure a suivi une formation scientifique et philosophique. Il a étudié I’hindouisme, le bouddhisme et pratique le yoga. Il expose dans le sud de la France, en Italie, à la galerie gouvernementale Rang Bao Zhai de Pékin et au Grand Palais à Paris. En 2014, il ouvre une Académie de peinture tch’an et sumi-e.

Portrait de Robert Faure

Robert Faure

Robert Faure vit dans un village de Provence au plus près de la d’une rivière entourée de forêts, de collines. C’est dans le calme et le recueillement qu’il pratique un art des plus anciens au monde, la peinture tch’an chinoise, et sumi-e japonaise. Après des études classiques, il s’intéresse aux civilisations et cultures orientales ce qui l’amène à fonder en 1970, le Centre d’études des sagesses traditionnelles. Lors d’un colloque, sa rencontre avec le peintre chinois, Maître Tang, oriente son destin. Subjugué par la dextérité du maître, impressionné par la poésie, la beauté, la simplicité de cette peinture, Robert Faure entreprend le long apprentissage que cet art exige. En commençant par copier les maîtres anciens. Apprendre à voir, à comprendre le sujet sont de nouvelles expériences. Ne poser sur la feuille blanche que le trait essentiel d’une encre noire pour évoquer la faille d’une montagne, le rythme des nuages ou le mouvement de l’eau, voilà que mille questions se posent à l’apprenti artiste. Quand mon pinceau était bien tenu, raconte-t-il, le mouvement n’était pas bon et quand le mouvement était bon, l’encrage ne convenait pas. Avec méthode et patience, Robert Faute se met à peindre bambous, orchidées, prunus, chrysanthèmes, sujets que les peintres chinois appellent les quatre gentilshommes, base de la peinture tch’an. Il apprend que pour être juste, le geste doit réunir toute la personne dans sa pensée, ses émotions, son souffle, ses sentiments. Aujourd’hui, Robert Faure atteint parfois, dit-il, cet état de grâce qui lui permet de s’approcher de l’Esprit des choses, de l’éternelle et discrète beauté de la Nature.

Peinture Robert Faure

Frères pour la vie, nous avons poussé ensemble, 121 x 34 cm, 2009.

Peinture Robert Faure

Apprivoise la montagne et tu te connaîtras, 49 x 22 cm, 1998.

Il ne s’agit pas de réaliser quelque chose de beau mais quelque chose de vrai.

Peinture Robert Faure

Comme des étincelles, 135 x 34 cm, 2012.

Peinture Robert Faure

Transparence et florilège, 95 x 68 cm, 2007.

De la tradition à son propre style

La peinture tch’an émane d’une tradition datant du VIIe siècle de notre ère, puis plus tard du Japon, mieux connue sous le nom de sumi-e, peinture à l’encre. Elle se fonde sur huit règles parmi lesquelles, la présence à son attitude et à son souffle, l’usage unique du noir et blanc, un tracé sobre et sans retouche, une représentation suggérée… Pour l’essentiel, l’énergie de cette peinture doit restituer le frémissement de la vie. Contrairement à la peinture asiatique traditionnelle, chargée et détaillée, la peinture tch’an répond à un désir de sobriété des tracés, de respect des espaces vides et d’une grande détermination des gestes. Il importe en effet de ne pas chercher à tout représenter, mais de peindre l’essentiel, qu’il s’agisse d’une montagne, d’un paysage ou d’un simple bambou. Les maîtres vont jusqu’à dire : Il s’agit de peindre l’âme des choses. Cet art n’est pas figé mais au contraire évolutif. Les règles qui le structurent permettent à notre sensibilité moderne de faire évoluer cette peinture de multiples façons, tel un art à la fois millénaire et contemporain.

Peinture de Robert Faure

Mon chant s’élevait de la barque, les arbres m’écoutaient, 38 x 45, 2010.

Réunir en soi la force du vent et la patience du brin d’herbe.

Peinture de Robert Faure

Le grandiose commence par l’infime, 105 x 80, 2012.

Peinture de Robert Faure

Vertige, 44 x 33, 2011.

Un chemîn intérieur, une école du regard

Robert Faure

Lors de ses voyages, Robert Faure peint chaque jour, le plus souvent sur le motif.

 

 

Peinture de Robert Faure

Quatre lotus dansent dans la lumière, 56 x 76 cm, 2012.

A lire: Robert Faure, L’Esprit du Geste, Éditions du Chêne, 2004.

 

Nuage~Pluie

Ex quo profecto intellegis quanta in dato beneficio sit laus, cum in accepto sit tanta gloria.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire