Les Treize traités de maître Cheng sur le t’ai chi ch’uan

Extrait

Pour vaincre leurs adversaires, les amateurs de combat utilisent les techniques des arts martiaux. 11_,e fait de gagner ou de perdre est déterminé par la relativité de l’adresse dans le combat. Dans cette optique, on utilise invariablement la force brutale pour frapper et des techniques rapides pour contrôler son adversaire. Cette attitude est à l’extrême limite du Yang, à l’extrême limite de la dureté. Si l’opposant résiste avec les mêmes atouts il est probable que les deux adversaires vont perdre mutuellement ou se blesser. Ce n’est pas du tout la voie d’un grand maître. Pour ma part, quand les autres utili-sent la force, j’utilise la douceur pour les neutraliser. Quand les autres sont actifs et attaquent, je reste calme et attends leur attaque pour la neutraliser. L’extrême douceur et l’extrême tranquillité sont la concrétisation du Yin. Lors de la rencontre de l’extrême Yang avec l’extrême Yin , la défaite est toujours du côté du Yang. A ce propos, Lao Tseu dit :  » Le doux et le souple l’emportent sur le dur et le fort « . C’est aussi pourquoi je dis: « Pour apprendre le T’ai Chi Ch’uan, il faut d’abord apprendre à investir dans la perte « . Si l’on apprend à investir dans la perte, celle-ci se retourne et se transforme en un bienfait supérieur. Je peux illustrer ce propos par cet exemple : Les dents sont dures et la langue est souple. Si les mâchoires se referment d’une façon inhabituelle, on peut se blesser à la langue. Mais, grâce à sa souplesse, celle-ci garde son intégrité. Ce n’est pas le cas des dents, qui, à cause de leur dureté, peuvent se casser d’une façon irréversible.

Quiconque débute dans les arts martiaux cherche tout d’abord à gagner. Qui est prét à suivre mon précepte « lnvestir dans la perte »? Investir dans la perte, c’est laisser les autres attaquer avec force, alors qu’on ne mobilise même pas la moindre petite résistance pour se défendre. Au contraire, on accompagne la force adverse pour la rendre sans effet. Ensuite, si l’on riposte, on peut projeter n’importe quel adversaire. Les Classiques définissent ceci par le Tung Ch in (comprendre la force) et disent :  » Aprés avoir compris ce qu’est le Chin, plus on pratique, plus on est habile « . C’est la subtile application du T’ai Chi Ch’uan, conforme au principe du T’ai Chi (philosophique).

Dans cet ouvrage érudit, mais aussi pratique, le professeur Cheng Man Ching nous amène au cœur du tai chi chuan, nous le présentant comme un art martial, une thérapeutique, et un ensemble d’exercices pour le développement personnel. Avec une illustration s’appuyant sur l’anatomie et la physique, il présente un exposé précis des postures et des mouvements, leur travail interne en tant que principe énergétique, et externe en tant qu’application martiale.

 

 

 

 

 

Nuage~Pluie

Ex quo profecto intellegis quanta in dato beneficio sit laus, cum in accepto sit tanta gloria.

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